vendredi 21 décembre 2007

L'Ostrea à Oualidia

je vous ai promis d'autres clichés un peu plus ensoleillés, plus colorés ... Voici une éclaircie ...




La 301, cette merveille !





t'es un peu nulle part, et pourtant tu y vas ...




En descendant d’El Jadida je suis « scotchée » par les couleurs … tout au long de la route côtière N 301, à chaque entrée de parcelle, un étalage ou une cabane ou, parfois, un abri et souvent une habitation … et là ! affluence de couleurs … tu parles d’un arc en ciel ! Des tas et des tas de légumes, vifs, brillants, colorés ; chacun a sa spécialité et parfois un étalage plus varié …
le temps ne s’est pas arrangé, bien au contraire. Et le contraste, entre le gris du ciel, la terre mouillée et les couleurs bariolées des cultures maraîchères et le vert de la nature, m’offre un spectacle absolument magique. Je m’arrête, évidemment ! Impossible de descendre, mais comme pour me faire plaisir, le soleil, un instant va pointer un rayon … c’est ce qui m’étonnait aussi. Il peut pleuvoir à torrents (la pluie est différente de chez nous) et tout à coup, une éclaircie…et c’est ainsi, sous un joli soleil, qu’au km 49, j’ai rencontré Hamid ! parce que la pluie s’est calmée, et que son étalage était particulièrement bien disposé et coloré, j’ai fait une halte ! j’ai acheté deux courges, puis nous avons parlé, j’ai pris quelques photos … il a voulu « poser », alors, comme un habitué des projos, il a rangé son étalage, a choisi les légumes et me les a montrés. Clic. Puis une idée m’est venue … il est sympa Hamid, c’est pas tous les jours qu’on le prend en photo et surtout, c’est pas tous les jours qu’on lui en offre une… Hamid, un stylo, s’il te plaît … tiens, pour une fois c’est moi qui réclame un stylo ! Et Hamid m’a donné son adresse au Km 49 … Il va les recevoir !



et je trace sur …

Oualidia, dont le meilleur souvenir fût l’accueil à l’Ostrea … et, on n’a pas oublié, bien sûr, la gamelle mémorable sur lit de vase …

Après avoir quitté cette zone maraîchère, j’aborde l’entrée d’un village … plus loin, la ville … Et là, un peu lasse et surtout affamée (il est 15 heures quand même), je ne résiste pas au panneau « L’Ostrea » … Ostréiculture, coquillages…
Juste la veille, mon amie Mylène me l’a recommandé … par un petit chemin, qui par temps sec ne pose aucun problème, je descends tout doucement vers la côte, évitant les trous, les pierres, les flaques, l’eau qui ruisselle… tu sais pas où tu mets les pieds … enfin, les roues du véhicule, tu te demandes même si tu vas pas rester coincée là … quelles inondations !
Dans ce coin perdu et par un temps pareil … je suis surprise : le restaurant est rempli … j’entends parler français … je ne calcule pas …j’ai faim ! Et on va me servir là, le meilleur poisson de toute la côte, l’ensemble accompagné de petits légumes … d’un autre monde ! Et le souper, c’est pareil ! un délice ! le dessert, n’en parlons pas … et je vous interdis de cafter à ma nutritionniste.
Le directeur, un homme charmant, me fait visiter le laboratoire, m’explique rapidement, parce qu’il pleut, le bassin de décantation et tout le processus … l’endroit est nickel …. C’est pas ici que tu vas choper une gastro !



J'ai plus envie de quitter l'endroit. Je vais passer la nuit ici !
Je parle pas du personnel et du cuisinier ! des gens absolument parfaits ! ici l’accueil, la convivialité prend son sens, car … quand tout le monde est parti, j’étais encore là à bavarder avec eux … On a abordé plein de sujets, variés, très variés. J’ai appris un peu de la culture marocaine. On a parlé de religions, et d’éducation, et des femmes. Il est quand même 23 heures, ils sont restés après leur service, pour moi, peut-être un peu aussi pour eux, à bavarder là, avec la p'tite française ... et le Directeur m'a dit (peut-être pour me flatter ?) qu'il avait trouvé beaucoup de plaisir à discuter tous ensemble et que "c'est pas tous les jours qu'on a quelqu'un comme vous !" Waou !!! ... allez, même si c'est un peu exagéré ... il est des petits mensonges qu'il fait bon croire !



Face à la baie vitrée de ma chambre, une bande de terre culivée : la lagune. tout le long de cette lagune, des petits champs cultivés... c'est tout simplement beau !








Au petit matin, une vue panoramique … un vrai bonheur … je me réveille très tôt … la marée est basse … et apparaissent les parcs à huîtres … enfin, je pense que c’est ça, ces trucs carrés qui émergent. J’attends un petit peu que le soleil se lève.










… je serais bien restée … mais, il faut tracer ! dommage ! je reviendrai, ça c’est sûr !…
Il pleut encore quand je démarre. Là tout est inondé ! de la boue jusque dessous…



Direction Safi ...

Après Oualidia, je descends vers Safi. Je ne m’arrêterai pas … il pleut, encore et toujours … un arrêt quand même pour admirer la grande baie … ouverture sur le monde.


La baie de Safi ... le rayon de soleil ... c'est là-bas un peu plus loin !






Contraste, à droite le Café-Restaurant, petit complexe touristique, à l'entrée de la ville ...










à gauche .... terrain délaissé ?

















j'entre dans Safi ..., en roulant je photographie ... ne regarde pas ma route ...

je me perds... un peu,je retrouve ma route ... je sors de la ville
























je croise des gens ... celui-ci observe une manoeuvre ...























celui-ci, par 5°, marche pieds nus dans ses nus-pieds ..
























engin des "temps modernes" ...


Allez, il faut bouger ... je trace sur Essaouira ... Ville que j'aime depuis mon premier voyage au Maroc ... Ville que je ne voudrais pas rater ... voilà, j'y vais !

N 301 ... toujours



Quelques difficultés techniques pour vous concocter ce "clip". il n'est pas tout à fait ce que j'aurais voulu. mais je te l'offre ainsi ...
Toujours sur la route, arrêtée quelques fois, j'ai gardé pour toi, les plus beaux paysages.
des instants de vie.
je te laisse cliquer sur mes images, emporter par le sax de Grover Washington jr., en apprécier le titre (love like this), en déguster les notes ...(clique aussi sur le clip)
ces images sont, bien sûr, le reflet des moments vécus avec la plus grande sérénité, dans une solitude partagée ... que je m'adresse à vous ou que je dise "tu", c'est à vous mes amis, qui me côtoyez au quotidien, que j'aime, que j'apprécie ... ce voyage, vous le savez, est pour vous, avec vous. Il s'adresse à chacun et dans les commentaires chacun reconnaîtra ce qui lui appartient !
j'ai hâte de vous montrer le Sud ... non, pas le grand sud ... j'ai bifurqué avant, mais j'y reviendrai et peut-être avec vous ... sait-on jamais !

jeudi 20 décembre 2007

Bonheur ...

image de calme et de sérénité, c'est pas la Camargue, mais ça lui ressemble ...et si c'est pas le Bonheur, ... alors ça lui ressemble ! c'est au petit matin, pas loin de 5 h 20 ...
... Et si la page précédente s'appelle "Going Solo" ... celle-ci, pour aujourd'hui et pour toujours, va porter le nom de "Bonheur" .

Bonheur d'aujourd'hui, d'hier et de demain ... message reçu ???

Bonheur tout court pour ce que nous avons vécu,

Bonheur entier, sans aucune page blanche,

Bonheur précieux avec une seule priorité : ne rien oublier!

Compliqué tout cela, certains ne comprennent pas ... qu'importe !


Il est des jours, comme ça, et des soirs, aussi, où t'as envie d'écrire dans les couleurs de l'arc en ciel !
t'as envie de dire dans toutes les langues, dans tous les dialectes, ceux de l'Anapurna ou du Liban, de l'Afrique, de l'Inde ou du Népal, dans toutes les langues du monde entier, pour dire que t'es bien là où tu es ... c'est parfois, à côté de chez toi, parfois au téléphone ... et l'instant que tu vis et qui est partagé, celui-là, à coup sûr, il va rester gravé !

le bonheur, il est là, pas seulement "dans le pré", tu le trouves dans l'instant, ici ou là-bas, ou à Essaouira, sur la plage des Saintes ou de l'étang de Berre ...
et pourquoi pas, aussi, à Taliouine où m'attend cette enfant ...
pas le temps, maintenant, d'évoquer cette Enfant de Taliouine, histoire vertigineuse, de bonheur et d'amour ... (aussi !) ... je vous en parle demain ou tout à l'heure ... après Mohamedia, Essaouira et Agadir ... suspense !

mardi 18 décembre 2007

km 2 222,2 .... going solo




















El jadida plage ... le soir, le matin, une merveille, un "home" de réflexion ...




La route côtière, océan en colère, plage ravinée, le ciel va gronder

Coucou, me revoilà ! revenue à ce km 2 222,2 où je décide de tracer seule, où je me pose toutes les questions existentielles, comme si partir tout seule relevait d'une analyse psychiatrique ... Non ! c'était un défi ! n'était-ce pas ce que je recherchais depuis longtemps ? partir sans témoin et donner sans témoin, et construire sans personne et vivre ma vie, partager celle des autres, de ceux que j'ignore, de là-bas ou d'ailleurs, pour peu qu'ils soient meilleurs ! mais pourquoi pas ceux d'ici ? ceux que j'aime et qui m'aiment... et tout au long de ce récit, ce mot "amour" est latent, comme une doublure (terme de couture), caché en dessous, pour mieux se révéler, pour vous dire à distance, à vous tous mes amis, que vous m'avez manqué, que j'ai pensé à vous, que vous m'avez suivie tout au long de ces jours, et qu'il n'en est pas passé un sans une pensée pour chacun !


alors me voilà seule ... mais, non, pas tout a fait ... et si j'ai voulu partir, si je ne me suis pas dégonflée, c'est beaucoup pour vous montrer que cette aventure se doit d'être à la hauteur de ce que vous m'avez donné, en commençant par votre amitié !





De la N 301, la vue est impressionnante, le spectacle grandiose

La voilà donc la N 301 ... la route côtière ... un bonheur, cette route, tellement elle est jolie ! mais la pluie incessante gêne la conduite, des torrents traversent la route, demandant une extrême prudence ! le camion devant moi .... la boue jusqu'aux essieux ... ouh là ! faut pas le suivre celui-là !


je me cale souvent derrière un véhicule ... s'il passe, je passe ! c'est là, je crois que je suivais, au pas, un taxi bleu ! là-bas, dans les taxis, y'a toujours 4 passagers derrière et le passager avant, puis le conducteur, bien sûr ! (et les bagages dans le coffre !). A peine si mes essuie-glace parviennent à chasser l'eau ... et tranquille, au pas à pas, je suis ! ça traverse une flaque, ça enjambe une marre, ça fait gicler des gerbes d'eau boueuse sur les côtés... c'est rigolo ! puis, la route n'est plus la route ... ça devient un chantier... ça devient du gravier ... et ça monte ... et là, ça gicle des cailloux ... c'est moins rigolo ! alors, tu montes, tu montes ... tu essaies de le doubler ... il est chargé à bloc ... il te laisse pas passer, cet enfoiré ... c'est de moins en moins rigolo ! tu vas te prendre un pavé dans le pare-brise ... plus question de rétrograder ! t'es déjà au minimum ... Ouf ! ça y est, j'ai réussi à passer ... mais là, je suis tout en haut de la côte ... et, là ... c'est grandiose ! t'as envie de t'arrêter tellement c'est beau ! Nooooooooooooooon! surtout ne pas s'arrêter ! tu vas encore te le coltiner jusqu'au sud, le beau taxi bleu !!!


Alors, sans t'arrêter, tu sors le numérique, tu baisses la vitre passager, et tu "zoom" sans même viser, et tu "clic" sans même regarder, tu engranges des clichés, et le soir à l'hôtel, tu vas visionner les 350 vues prises au hasard ... et tu revis cette journée ...


Alors tu vois, là, mon pote ... c'est dans ces moments que j'aime être seule ! ...parce que personne ne va vivre mieux que moi, ces moments de bonheur ... tu les partageras plus tard, quand tu reviendras, l'esprit brouillé de tous ces spectacles-là ! et je visionne, et je vire les ratées, celles où tu vois le rétro, celles mal encadrées, celles sans couleur, fades et pas vraies... y en a très peu ! parce qu'ici, tu as beau chercher.. y'a rien de fade, rien de terne, rien de gris, même le gris est gai !




et quand t'as fait ton tri, qu'il te reste les meilleures, celles qui vont te "parler", tu les classes pour mieux les regarder !


les paysages sont magnifiques, ça, on le lit, on le dit partout ... mais quand tu le vois, quand tu le vis ... c'est pas pareil ! tu t'en prends plein les yeux ... même si tout est en gris, si la mer ... enfin, l'océan, ... n' a plus de limite, même s'il vient frapper le bord de la falaise jusqu'à en faire plus loin une mare de terre glaise ... même si, le souffle coupé, tellement c'est beau ... tu continues ta route, parce que là... attention ! faut pas t'arrêter dans cette flaque d'eau ! tu finis par plus savoir si tu dois te poser là pour cause d'intempéries ou si tu dois avancer pour aller, au plus vite, chercher tes ateliers !


Alors, je continue ... doucement ... j'ai pas le choix ... à la vitesse autorisée de 30 km/h ... tu parles, çà c'est en été, sans compter l'oued en crue et les pavés au milieu de la rue !


j'ai dû, par moments, faire du surplace ... je me demande comment j'ai réussi à avancer !!!


Fatiguée de stagner, un peu soufflée par toutes ces émotions, quand je lis El Jadida sur le panneau ... pas d'hésitation ! Premier panneau publicitaire de la ville, je lis IBIS ... et ... des images "civilisées" me traversent l'esprit ... une douche, une vraie, un lit avec des draps propres, pouvoir se sécher, ne plus rester trempée ... eh, ouais ! aventurière, n'est-ce pas, Pat ... mais pas vraiment jusqu'au bout des ongles ! le mot confort n'a jamais eu une aussi belle signification que ce jour-là quand l'eau chaude de la douche a ruisselé sur moi !
C'est tout bête ... mais en été, un seau d'eau, sur la plage, aurait eu le même effet ! mais, là, impossible à traduire ... essayez et vous me direz !




je passe une nuit calme et reposante, je trie et j'organise pour mieux me concentrer. l'avantage, là, c'est que je peux écrire à mes enfants, avoir de leurs nouvelles et savoir que "tout baigne, t'inquiète pas, Mam' " alors, je dors tranquille ...








mais avant ... comme pour me saluer ... avant que la nuit tombe : un arc en ciel dans le cadre de ma fenêtre ! "Bienvenue, tu es la bienvenue" ! je le savais !



Arc en ciel de bienvenue



face à l'hôtel, un homme fait son footing matinal...l'homme est touuuuuuuut petit ! le paysage est immennnnnnnnnnnse !




et l'homme, en premier plan, par sa balade tranquille, nous appelle à la réflexion et la sérénité, non ?












premiers contacts ... sur le port de El Jadida ... l'endroit est tellement beau, le soleil se montre à nouveau, et j'ai envie, avant de prendre la route, de rencontrer du monde, les locaux, bien sûr !




quel meilleur endroit, ce matin, après la mer houleuse, que le port ? là t'as une vue grouillante de gens qui s'affairent aux filets, qui poussent une charrette, qui en traînent une autre remplie de j'sais pas quoi, en tout cas, c'est coloré ... c'est le moins qu'on puisse dire !


mais, en réalité, j'ai pas choisi le meilleur endroit pour me balader ! j'arrive en voiture, on m'a conseillé (les flics devant l'hôtel) de ne "pas la quitter des yeux", elle est trop chargée, "on te la casserait juste pour un petit paquet" .... Bien ! ...condamnée tout mon séjour à rester scotchée au véhicule ??? non, quand même pas ... siiiiiiii !

j'évite les flaques ... tiens, regarde sur la photo ! y en a partout ... mes "converse" ont déjà une gueule bien "baroudée" ... c'est pas ma faute à moi, si, même pour acheter le pain, il faut enjamber 15 flaques ! et la taille d'une foulée, chez moi, ça fait 50 cm ...

Bon, je me régale sur ce port de regarder ces gens ravauder les filets... dans mes jeunes années, le long du canal, à Martigues-Ferrières, là, où juste maintenant, tu as le théâtre des Salins, les femmes, le matin accomplissaient cette tâche ... et ça restaure les images dans mon disque dur ...

... la vue d'un homme très âgé, penché sur ses filets, les couleurs tout autour, la sagesse qu'il dégage, le calme est son reflet, tirant sur le fil toujours avec la même régularité ... l'image est magnifique ... un échange, juste celui des yeux ... - "une photo, je peux ?" sans même me répondre, sans quitter son filet, juste un signe des yeux ... et son visage s'éclaire, il a dû baroudé celui-là tellement il est ridé ! ... mais son baroud à lui, c'était pas un 4*4, c'était pas une clio ! c'était certainement la barque du cousin, dans laquelle, chaque matin, il tirait ses filets pour nourrir ses enfants ... et justement au moment même où je regarde cet homme, où je le trouve beau ... un autre, son fils justement, sort du hangar et me demande "tu donnes de l'argent pour ta photo ?" - Non ! - "alors, tu la prends pas !" - y a pas de problème, mais c'est dommage parce qu'à ton père, je comptais lui donner de quoi se couvrir pour l'hiver .... et j'ai pas pris la photo ! son fils n'a pas voulu !

Voilà une des premières notions sur l'échange, déjà un enseignement très réaliste ... c'est ça qui m'attendait tout au long du parcours. On m'avait dit les marocains accueillants ... "bienvenue, tu es la bienvenue" ... jamais, si t'as rien à donner ! ce sont mes premières leçons ! Déformés par la pauvreté, par les touristes aussi qui ne savent pas les regarder ... le premier mot qu'ils m'ont appris, c'est "flouz" ... et moi, qui donne ma chemise, qui ne thésaurise pas (c'est le moins qu'on puisse dire !), pour qui la valeur du sel est plus importante que celle de l'or ... je découvre, là aussi, un monde que je déteste ! mais ne suis-je pas venue pour donner ???

Qu'on se rassure ... non ! je suis là pour partager !

alors, je vais marcher un peu plus loin ... et là j'arrive sur le quai !


Que des mecs ! les uns, les habitués, au soleil, attendent ...on va dire ... la marée !

les autres, s'activent, sautent de barque en barque ... ça ressemble à une "casse" de bateaux, tellement on les voit "jetés" les uns près des autres ! on dirait qu'on les a oubliés ... ils sont vides, à l'intérieur aucun signe de vie, pas un espace entre eux .... eh ben, non ! ils sont bien garés et chacun pour récupérer sa barque, va sauter de l'une à l'autre jusqu'à y arriver.... c'est marrant ! j'suis pas une habituée des ports et le spectacle me surprend.




et vous êtes toujours là, mes potes, qui regardez ce spectacle avec moi ! je vous parle en secret, sachant que, par exemple ... Simone ... les barques, dans tes peintures ... ce sont les plus jolies qu'on ait jamais dessinées ... pas vrai ?

Donc, je suis sur ce port là et apparemment ... j'suis pas la bienvenue ! un mec arrive vers moi, le pas assez gaillard, pour m'interdire une autre photo ... vue générale du port celle-là ...

c'est marrant, tout est "propriété" ... ils commencent à me ..... gaver !!!!! j'ai envie de me casser ! ... alors, je vais plus loin !



















tiens, la "construction navale" ou peut-être "réparation navale" ... c'est écrit nulle part mais vu l'état des coques ... elles sont pas prêtes à prendre la mer !



le comité d'accueil est là, au grand complet, devant et dans la grande benne, où chats et oiseaux font bon ménage. Le préfet, sans doute ... non le gouverneur de la province, sûrement, n'a pas distribué les drapeaux pour mon arrivée (lacune !), mais leur avait conseillé de se tenir à carreau ... sans quoi ... Vous voulez les voir, ces oiseaux ??? rangés sur le côté, chacun, prêt à s'envoler et à aterrir dans la benne ... mais tous respectueux de la ligne de confidentialité ... le chat monte la garde ... mais il n'a rien d'un cerbère ...vous ne le voyez pas, mais à l'intérieur, il y en a un autre, tout roux, celui-là ...

je vais, à cet instant, rencontrer mon guide ... il va se proposer, ne pas demander d'argent ... ah ! ça existe ? ... oui mais, rapidement, il me parle de ses filles, dont l'une vit en Espagne, et me dit que "ici, tu es chez toi !" ... (ça je le savais aussi ..., ils te le disent tous !) ... "et si tu veux, l'année prochaine, je te donne mon adresse, et tu viens quand tu veux" ... (pourquoi pas tout de suite alors ?, me dis-je, doucement) ... "et alors ... après, ... tu habites où, en france, dis ???" ... "alors, après ... je viendrai chez toi ... parce que, moi, je connais" ... etc, etc !!! Alors ... c'est rigolo ... parce qu'il est d'une naïveté, mon guide ... il est gentil ... il ne veut plus que je parte, veut me montrer "la prison des galères, au bout du quai, là-bas"! Et, moi, j'ai pas le temps ... il faut que je m'en aille ... je lui laisse quelques pièces ... qu'il refuse en tendant la main ... et ça me fait sourire, mais je l'aime bien !!!

Je repars, je me perds, passe dans un quartier ... c'est quoi, ça ? j'sais pas où j'suis tombée ... bon, c'est pas grave ... je peux plus retourner ... des flaques, t'en veux, toi ? c'est ... des inondations ... et je suis au milieu !!! ni devant, ni derrière ... je peux plus avancer ! y'a du soleil comme c'est pas possible ! y'a pas un chat ! juste un énorme camion qui barre ma route ... et je fais quoi, là, moi, toute seule dans ma clio, devant ce gros camion ? et que si je cale, là au milieu, je peux plus repartir !!! De l'eau jusqu'au ... ben, j'sais pas jusqu'où, ... même pas je descends la vitre ... on sait jamais ...si l'eau me montait jusqu'au cou ! .... demain, dans le journaux on aurait lu ... "la p'tite française, elle a bien bu !" ...
Bon, je ne paniquais pas, c'est vrai ... heureusement, c'est toujours rétrospectivement que je me suis vue en danger ou larguée ... mais là ... bon, ça va ... je suis passée et en arrivant au "stop" ...(ah! oui, le stop ... faut le savoir ... faut apprendre à le lire avant d'y aller ... OK ?) ... eh ben là .. j'ai vu que la rue parallèle n'était pas inondée !!!
conclusion : quand tu voyages et qu'il pleut, quand t'as le choix entre deux voies ... tu descends de ta voiture, ... si t'es comme moi "une mini" tu montes sur le capot ... et tu regardes, de loin, l'état des routes ...
Voilà, je quitte El Jadida. Le moment était beau. Je vais emprunter à nouveau la N301 et là ... je te dis pas ce que je vois ...j'ai pas le temps ! mais si je dis Mohamedia, Oualidia ?...













samedi 15 décembre 2007

Avertissement !

Un petit malin, par un commentaire anonyme (bien sûr !), a laissé cette nuit un message désobligeant ! quelle surprise ! c'était pas le père noël, c'est sûr !!!

Quand on connaît mon entourage, quand on sait le nombre de mes amis, quand, en fin de compte on me choisit, aussi, comme amie ... on n'a que faire de ce vilain comment ...

Honte à toi, malheureux, qui t'es rabaissé à écrire cela, dans l'obscurité de ta nuit, en cachette comme un voleur, furtivement comme un malfaiteur, honteusement comme un vicieux ...
Tu ne mérites pas qu'on te relise, reste dans ta crasse et ton tas d' immondices.

dimanche 9 décembre 2007

Flash back sur le départ

Samedi 15 décembre ... je reviens sur l'aventure ... un flash back pour vous conter l'histoire ... vous la décrire, ... un peu me faire envier, ... un peu me laisser plaindre
(-15° en Espagne, dodo dans la voiture ...). Depuis ce retour-là, cent fois, je l'ai vécue (l'aventure) ... heureuse de l'avoir fait (ce voyage )! malgré ses difficultés, la première aventure et le premier conseil : ne pas partir seule ... on ne sait jamais ! seulement une chute comme celle que j'ai vécue, et tu t'imagines "coincée", personne à ton chevet ... c'était idiot et sans aucune gravité, mais si j'avais eu la tête cassée ... non, aujourd'hui, je ne dis plus "ça peut pas m'arriver !" ...

Allez, voici l'histoire, depuis le tout départ jusqu'à mon arrivée ...

le départ : fred, son 4*4, et exobus !

Jeudi 15 novembre 2007
Ouf ! Ouf ! ça y est, on est partis, hier ! quelques petits retards dans le chargement, quelques petits, tout petits, soucis de dernière minute ont fait que … Et puis … … et voilà… ouf ! la Caravane Exobus a quitté les lieux de la Friche de la Belle de Mai où étaient garés les camions et il était, horloge tapante, 18 heures… il était temps !


Premier arrêt : rassemblement dans le vent et le froid, sur l’autoroute après Martigues. Là, distribution de berlingots, distribution de pains complets généreusement offerts par mon pote Thierry Coupas, le Boulanger d’Ensuès La Redonne….

Après Martigues, direction Nîmes, arrêt Bébés (y'en a plusieurs), et vers minuit arrivée chez Elsa … Elsa nous accueille dans sa maison, dans la campagne de Mèze, un lieu de vie, plein de convivialité. Elsa nous a préparé des crêpes ! Super petite nana ! fatiguée, peut-être, d'avoir attendu notre arrivée ...Grignotage et instruments de musik … là, black out … trop fatiguée, je suis allée dormir … dans ma voiture … heureusement … j’suis pas grande ! et j’ai super bien dormi !
Au presque petit matin … c'est-à-dire, vers 9 heures, réveil sous le soleil et là … tout autour : des flamands roses, des oiseaux plein, plein, la campagne, quoi !! Dans un moment on me dira qu’on est sur un Ecosite … ça ne m’étonne pas !
Ça ressemble aussi à Elsa …
Elle est partie bosser, nous a confié sa maison ...

Et tout le monde s’est affairé autour des véhicules… qui a réparé ses feux, qui a rangé sa galerie ou le matos … moi j’ai vidé la clio et j’ai « repensé » la déco … eh ben, croyez moi ! j’ai gagné 30 cm3 …

Voilà, c’est le bonheur ! chacun « vaque » à des occupations perso ou communes… bonne ambiance !


Grafeur stylé, Jeff, "tague" le camion d'Elody



Cynthia et Thierry nous préparent un repas made by Bocuse. Chou, carottes, le tout à l'étouffé, cuit aux petits oignons ... ça va nous régaler ! Pour le soir, ils vont mijoter un peu de poulet ... au curry, je crois ... enfin, avec plein d'épices, en tout cas.

Les enfants rencontrent un petit hérisson. celui-ci "dort" sous un buisson... Et, si on en faisait une belle histoire ? On décide de lui donner un nom. Les enfants, au nombre de 3, vont dire à tour de rôle le nom d'adoption, et, à l'unanimité, le plus beau sera retenu : "Léo, le hérisson, fleur de tulipe" ... C'est joli, non ?
Adorables, ces enfants, qui parce qu'ils vivent la liberté, ne sont guère contrariés ni contrariants, ne font pas de caprices et nous lâchent les baskets ! adorables ceux qui jouent en hurlant et ceux qui font la sieste ! adorables ceux qui s'intéressent et pensent quand même "qu'il faut commencer les devoirs ... demain" !!! Mignons, ces enfants-là qui ne sont pas les miens mais que je regarde, discrètement, que j'observe et que j'envie, parce que leur âge est le plus beau de toute une vie !


De là, avant notre départ pour l'Espagne, Brice va chercher, en compagnie de son fils, le passeport resté en stand by à Marseille. Ils partiront en stop et nous retrouverons plus loin sur le chemin ...

J'apprends par ma fille préférée ... et pour cause, je n'en ai qu'une... qui en vaut 10, tellement elle sait tout faire, tellement elle est jolie, tellement elle a du charme et du caractère ...euh ! un sacré caractère ! et c'est ce qui lui confère cette belle et forte personnalité qui font d'elle une fille unique et préférée que beaucoup m'envient et voudraient bien adopter ! quant à ceux qui voudraient la "récupérer" ... attention ! lettre de motivation et C.V. pour bien choisir LE préféré !!!

En tout cas, Marion, a laissé un message sur le "Forum de ses copains ", annonçant mon départ et tous sont là ... prêts à me soutenir, si besoin était ... Alors, les nanas et les mecs des "Coxs ", je vous embrasse tous et vous remercie !

Donc ... j'apprends par ma fille qu’il neige à Aix et que ça commence à Ensuès… vivement le Maroc !

Ce jour-là, quelques petits mots pris sur le vif :

- Yaka prend des photos et Manu demande : "t'attends la photo qui rentre dans le cadre ?"
- Commentaire de yaka sur cet arrêt magique chez Elsa : "Un bel arrêt"
- Manu à propos de "c'est vendredi ... c'est un bon jour où partir ... " c'est ce qui se dit au Mali.
- Quand Yaka chante a capella ... le bonheur ! ... mais, ça, j'peux pas vous l'expliquer !

On est vendredi 16 et on va partir ... le gong d'Elody, la flûte de Valentin, les bambous des enfants, les instruments, le mini jumbee de Souleyman ... ici tout est pretexte pour "musiker" !!!


Music ... Music ... miousik ... musique

tout simplement ....




MUSIKKKK ...


Voilà ... c'est le départ pour l'Espagne ...

On va se perdre à Narbonne quand d'autres s'égarent sur la route de Sète... on avait prévu un arrêt à Décathlon ... On n'a pas tous compris lequel ... Sète ou Narbonne ? alors, au petit bonheur, la chance ... bon, on a fini par se retrouver et en rigoler !!!

On passe la frontière ... je crois qu'il y fait nuit ... j'sais plus mais tout se passe bien !
Bien au chaud dans nos véhicules, heureusement, car, on en a un peu marre de rouler, on voudrait bien s'arrêter... où ? quand ? en tout cas, on a trouvé un coin, mais on est trop crevé, on a calé, là, les camions et ma voiture ... et on a dormi !!!

Mais ... Samedi ...
C'est quoi, c't'endroit où je me réveille ??? même pas je peux regarder à travers les vitres de l'auto ... y'a du gel dehors ? ... Attends, je regarde ! un tour de clé dans le contact et je lis : 8 heures .. Ah ! c'est pas trop tard, ça va ... Quoi ??? ... c'est pas vrai ! - 10°, le blanc ... c'est du gel sur les vitres, et pas de la buée ! la glace ... à l'intérieur de la voiture !!! Noooon ! ... eh ben, ouiiiii !

2 duvets, 2 polaires (celles des copines !), 1 blouson ... j'ai froid ... enfin, un peu ... pas trop quand même. Le soleil se met à montrer le bout de son nez. Autour : que des camions, et moi, au fond de ma couette, je ne vois que le pare-choc arrière et pare-choc avant des véhicules qui me cernent. Impossible de savoir où on est ! rase campagne ... perdus au milieu de l'Espagne !
A ce stade on a fait 544 kms ... Après s'être bien gelés, à peine le p'tit déj avalé ... on démarre !

On a prévu de récupérer Brice et le gamin à la gare ...
Mission accomplie ! tout s'est bien passé ! le père et le fils sont arrivés !


Campements .... jamais au même endroit ... mais toujours le même style ... ici, c'est
"Caravan Style" ...



On va traverser l'Espagne, la plaine ... identique à La Crau, autrefois, chez nous, en Provence. Nous sommes dans la région de Zaragoza. Impressionnant ! désertique !
terre et ciel confondus


Fred va se faire arrêter par des flics au bord de la route ... à ma grande stupéfaction, on va le laisser là, se démerder ... après tout ! il est assez grand ! il nous rejoindra plus tard, quand, sur une aire, Valentin accompagne à la flûte, un morceau de "Shakti", musique jazz/inde, un vrai bonheur d'écouter Valentin !
Bon, Fred, lui, s'en est bien sorti ... Rien à se reprocher ... même pas de P.V. !!!

Le lendemain, c'est le tour de Manu et Arnaud (caméraman et preneur de son) : on les double joyeusementt (sic !) alors qu'ils sont sur le bas côté, interpelés par deux policiers espagnols (faux, semble-t-il, on le saura après ...) qui leur réclament la jolie somme de 300 euros (ouais, en lettres ça fait : trois cents !) et comme ils prétendent ne pas les avoir ... on les menace de les coincer au poste ... alors ? "ça fait combien ????" ... 210 euros .... ils ont (ouf!) gagné 90 euros de "ristourne" et ont évité la garde à vue ... non, j'exagère ! ... rien à se reprocher aussi, mais ... ils ont juste mérité de repartir, le jour même, vers notre destination préférée ... le SUD !

En route ... je pense (eh, oui ! ça m'arrive parfois !), je parle (ça s'appelle du ...radottage ?) et je crée ... alors, là, dans ma tête, j'ai créé une ligne de sièges un peu rigolos, un peu spéciaux ... chut ! on crée et c'est un secret !!! ces sièges, un peu particuliers, porteront le nom de "ligne Exobus" ... à suivre ... si, un jour, je m'y mets !

Maintenant, on est déjà le 18 ! Ouais, c'est ça ... on arrive à proximité de Madrid ... je déteste les villes ! des panneaux de pub ++++ C'est laid, comme chez nous ... la pub envahit !
Il est 11h20 et la température extérieure est de 4° ... on se croirait sur un vol Air France ! sauf que là, on est nombreux à voyager dans la même caravane !!!
On va mettre un peu de temps avant de se "cadrer" ... on s'oublie... enfin, on oublie Barbara au Cyber ... fatigués, un peu énervés, on n'a pas le même rythme ... quand certains veulent rouler, d'autres veulent aller dans les supermarchés ! on manque de gaz, d'eau et de lait ... on a oublié les couches, les couches des bébés ! il pleut ! à torrents parfois ! Djé est soucieux, son camion va ... casser ! le réservoir d'eau fuit ! arrêts pour remplir ! le soir on est crevé ! il faut faire à dîner, puis aller se laver ... chouette, dans une station service ... on a de l'eau chaude !!! c'est pas le hammam, mais c'est bien de pouvoir se tremper, laver ses cheveux ... même si c'est au lavabo. Les bébés y font trempette ... c'est quand même rigolo, même si, désorganisés (complet, complet !) on a un peu crisé ... maintenant, vu avec le recul ... les prises de tête, c'était ridicule !


Pause, en attendant que cuise le riz de Yaka !


Ah oui, j'oubliais ... "c'est quoi, ça ?, ton fils ... pourquoi il a poussé le mien ???" ... "les gosses, faut les laisser se démerder" ..."ouais, sauf que là, le mien ... il faut lui mettre un point !!!" ... Bon, rien de grave ... un steri-strip sur l'arcade sourcillière, il portera la même cicatrice que son père, au même endroit, ... d'ailleurs, il est très beau son papa avec sa cicatrice ... pas vrai ???
Voilà, notre quotidien pendant ces quelques jours ensemble. On dormait sur les aires proches des stations service, les camions encerclaient ma voiture pour ... me protéger ! chacun faisait son nid, tous faisaient de la musik le soir... Avec beaucoup de tendresse et d'amitié, j'ai surnommé la caravane : "la Circus Caravane Exobus". Il a beaucoup plu, on n'a pas eu le temps d'assez se parler, on n'a pas vraiment profité, dans ces moments-là, de se connaître mieux ... au retour, peut-être !
le pharmacien de la caravane, c'est Manu !!! à chaque symptôme douteux ... il sort sa potion magique ! t'as un coup de pompe ... "l'algue du mali" cultivée en eau ... douce, je crois ... enfin, j'sais plus ! mais l'algue en question est bourrée d'oligoéléments, et ça te requinque !!! bon, vu l'aspect ... il faut pouvoir avaler !!! T'as un problème de digestion ... il te sort le charbon ...Carbo végétalis .... sous sa forme la plus naturelle !!! faut pouvoir avaler !!! dans tout ça, je crois qu'il ajoute du citron ! faut pouvoir digérer !!!
quoiqu'il en soit : tous ceux "soignés" par Manu ont retrouvé la forme, l'énergie et le tonus quelques heures après !!! Merci Manu !



bâchage ... il pleut !

Plus on descend, moins il fait froid mais plus il pleut !!!

la porte du maghreb ... algésiras !



Nous voilà à Algésiras ... attente interminable sur le parking ... on s'est encore perdu ou oublié ... on n'a pas compris, ou bien mal exprimé, l'heure de départ du ferry ! les esprits s'échauffent, on a faim ! on veut bouger ! on veut traverser ... de tous, les enfants étaient les plus sages .. quand les adultes pestaient (dont je faisais partie, il faut bien l'avouer ...), les enfants jouaient ... quand on s'impatientait, les bambins prenaient leur temps ...



Enfin, tout le monde est là sur le quai ... à vos marques, prêts .... ben non !!! le camion de Djé est trop chargé sur le toît ... la hauteur ... trop haut ... est-ce qu'on va pouvoir embarquer ??? Il faut descendre les vélos, enlever les paquets, partager dans les camions, et à nouveau, tout caser !!! ... Bon, tout le monde s'y met ! on monte, on vire, on décharge, on charge ... ballet de marchandises dont Barbara n'est pas la chorégraphe (son job : danseuse passionnée et chorégraphe non moins passionnée !), dont chacun à son tour, prend le relais ... et enfin, bientôt, tout est prêt : nous pouvons embarquer !

Le voyage va durer 35 minutes. c'est un ferry. mer un peu agitée, il pleut encore et on met en place, pendant le voyage, la future organisation en participant à une enième réunion de préparation à la traversée du Maroc, cette fois !

Chouettes, ces gamins !

Ouf ! vers 17 heures, nous sortons du port ! nous sommes à Ceuta ! Courses ? pas courses ? qui a besoin de lait ? qui doit acheter le pain ? qui ? qui ? quoi ? éternelle question que celle des courses à effectuer juste à la tombée de la nuit, juste à l'heure où il fallait se reposer pour mieux vivre le lendemain ...
mais non, nous démarrons sans très bien savoir où nous allons, ce que nous faisons, ensemble ou séparément ... qui va avec qui ? qui achète quoi ? les uns partent, les autres attendent sur ce grand parking face à la mer, la nôtre, la méditerranée ... mais nous ne la voyons pas ! il fait très nuit, il pleut sans arrêt, il fait froid ! on se perd encore ! quand on se retrouve, c'est pour quitter Ceuta et prendre la route de Tanger ... c'est la cata ! travaux, pluie à torrents, route inondée, on sait pas où on est ... Djé tombe en panne ! c'est pas trop le moment ...

on arrive devant un super centre de vacances, je crois ... paradoxal ... fermé en cette saison évidemment !
Chacun, de son camion n'a pas sorti le nez ... et nous nous trouvons là, sur ce parking, Barbara, Yaka, et moi, sans avoir rien mangé et surtout, ... ignorés ... on avait pourtant parlé de "solidarité", ... Yaka, qui est "hébergé" rejoindra plus tard son "logement", une petite place à même le sol dans un camion... Je propose à Barbara, "hébergée" elle aussi, de dormir sur le siège passager de la Clio ... tant pis, on dormira assises ... (plus tard, elle ira, aussi, dormir sur la banquette d'un camion).
La faim nous titille ... on sort de nos sacs un petit bout de pain, du fromage, je crois ... tout ce qu'on a à manger doit être cuit et la pluie ne nous permet pas de sortir le camping gaz ... tant pis on boira une soupe "toute prête, en emballage carton". elle est froide, tant pis (beaucoup de tant pis, pour ce soir!) et Barbara nous sort, de derrière les fagots, une bonne bouteille de rouge .... et même si le vin et l'alcool, c'est pas mon truc ... pas grave ! j'ai trinqué et bu, avec eux, au nom de l'amitié ... et je dois dire que, ce soir-là, restera de tous et de loin, le meilleur souvenir de ces moments passés ensemble ! si un moment fut chaleureux et convivial, si l'amitié s'est révélée, si les regards ne se sont pas évités, c'est bien là !
le moment était magique et malgré la pluie, nous avons, et je peux parler pour eux, passé une excellente soirée !
Les autres ... chacun dans son camion, a bien mangé, au chaud et sans se préoccuper de qui dehors était resté ... dommage !
Le lendemain, lors de la grande réunion, chacun a prôné "l'organisation et la solidarité" ... Merci, nous, nous savons ce que c'est ... le moment est filmé, chacun dira sa vérité ...



Elle a pris son baluchon, et ... elle se casse !!!


J'annonce mon départ imminent. Je suis en retard, mes ateliers auraient dû commencer depuis quelques jours ... et je dois partir...


une des premières images solo ...


Going solo (titre extrait du Cd de Papillon ... à retrouver sur Space ... space music !)
Kilomètre 2222,2 (fallait le faire, non !) … à 11 heures, heure locale voilà, c’est là que j’ai quitté la caravane !

Avec et sans regrets … avec, parce que ce fut une belle expérience faite de contradictions, de vérités, de connaissances, de partage et de non-partage, de dons et de refus, … ce que nous croyons « humanitaire » n’est en fait que de « l’humain » … une semaine pour se connaître : trop peu, pas assez ! … une semaine pour s’apprécier : trop peu, pas assez !… une semaine pour tout penser et tout se dire : trop peu et pas assez !

Et sans regrets : parce que je rejoins MA Liberté ! parce que je vis, dès maintenant, l’Aventure, ma vraie vie du moment ! … parce que mon premier geste, à l'heure de mon départ de la caravane, fut d’abord de la doubler, de me rabattre sur le côté beaucoup plus loin et de l’attendre, toute seule, au bord de la route. Dans un endroit privilégié, tout est verdoyant, la route est large et à ce moment là, le ciel s'est dégagé ! il fait soleil ! j'ai attendu au bord de cette route, de voir en point de mire, arriver le camion de Phil... en tête … par de grands gestes, je leur ai dit « au revoir » ! par de grands gestes, je leur ai montré leur route et la mienne, en sens inverse … eux sont partis vers Sale, moi, je rejoins Essaouira….Une larme (je le savais, je m'y suis attachée ...).................................................
Et là, 1ère aire, je m’arrête, je parle aux gens, je les regarde, je ne les observe pas…

dernier campement avec la caravane


… je retrouve l’Afrique intacte de mes souvenirs …. Déjà, ce matin, cette rue animée, cette place qui grouillait … la boue parce que la pluie inondait les petits commerces… les couleurs vives, vivantes, très flash,, le soleil au milieu des nuages, la pluie au milieu du soleil, les bleus, les gris, les fondus de bleu-gris et l’or du soleil … j’avais oublié que cela a existé pour moi, petite enfant de 10 ans qui ne comprenait pas pourquoi, un jour, il a fallu prendre le bateau …alors, là et maintenant, je revois les étalages au bord des chemins, ici les fruits sont présentés à même le sol, sur une bâche, sur un sac de patates …les couleurs, les odeurs, les parfums… les sourires… ce matin, il pleuvait à torrents… les gens marchent sous la pluie, ils se parlent, se sourient, j’ai même vu des enfants, leurs sacs trempés, se rendre à l’école …ils couraient, marchaient sous la pluie … fatalistes Bon, je ne fais que découvrir cette terre déjà connue, mais pas assez vécue … mon rêve se réalise, je dis « bonjour le Maghreb ».

Une omelette à 20dh me tente … on ne parle pas la bouche pleine … à plus tard !

Et là, maintenant que t'es seule ...

Quelles sont les questions qu’on se pose quand on décide, là, d’un coup, sans réfléchir, qu’on part avec 20 personnes, qu’on change de continent et qu’à un moment …. Les potes se cassent pour tracer leur route ? ? ? On est seule ? alors ? qu’est-ce qui se passe dans ma petite tête de petite nana qui vit dans sa petite bulle … là, c’est la petite fourmi qui rend visite à l’éléphant ! … tiens … un joli thème, pour une jolie histoire, pour de jolis enfants !... bon, mais ça ne résout pas mon problème … Donc, à ce stade-là de l’aventure ... je fais quoi ? …
Pas de panique !

Cette nana-là, elle se pose plein de questions … et elle sait très bien qu’elle va y aller, qu’elle va les résoudre ; qu’elle va flipper, ça c’est sûr !

Mais ce que je ne sais pas encore c'est que l'aventure ... c'est l'aventure ! et que j'suis quand même pas prête pour la Grande Aventure ... quoique ... j'en suis sortie ... et bien, en plus ! y'a pas de quoi pavoiser, mais si vous voulez ... on recommence ... chacun de son côté ... OK ?

je vous raconte la suite demain ....

Retour....Déjà !!!

ma source s'est tarie ...mon bec se cloue ... mes mots se sont tus pour laisser place à d'autres maux ... et je suis là, devant, depuis une semaine ... suis-je vraiment revenue ??? D'aucun m'auront dit : "on t'avait prévenue !" certains se seront exprimés avec leurs yeux, un peu dirigés au plafond, "on le savait bien, tout ça !", d'autres m'auront suggéré "n'y pense plus, et ne garde que le positif" ... aujourd'hui, on compte comme ça ... en positif !!!, plusieurs m'auront appris, avec quelque retard, "qu'on ne doit faire confiance à personne".... et moi, n'écoutant que moi ... parce que je crois toujours que j'ai raison ...et, ben, moi ... je me suis un peu plantée !!!

Ne soyez pas déçus .... je le suis pour vous!

Ne soyez pas triste ... j'ai déjà ma dose de "bonjour tristesse" !

Ne soyez pas ravis ...pensant que si je vous avais écoutés ... "ça" ne me serait pas arrivé !

Ne soyez pas confus ... vous n'y êtes pour rien !

Ne soyez pas étonnés ... y'a que celui qui ne tente rien ... Ouais, mais là ... j'ai rien !!!

Bref ! Que m'est-il donc arrivé pour que j'écourte à ce point mon action ? Que se passe-t-il donc pour que je ne parvienne pas à émerger ? ... Allez, je vous rassure, rien de bien grave ... Mais ... "mais, je reviens de loin, et mon soleil est noir, mais je reviens de loin, et c'est le désespoir" ....(texte de Barbara).

Alors, c'est vrai, je le sais, ces moments difficiles vont s'estomper, se fondre dans mes habitudes reprises, vont se mélanger à d'autres bonheurs laissés là, en stand by, pendant quelques temps, vont se teindre, dans l'air ambiant, de quelques notes arc en ciel et vont me laisser, non plus ce goût amer de la déception, mais ce nouveau goût aigre-doux de la digestion !!! et, un peu plus tard ... le goût salé-sucré ... et ainsi va la vie ...

Je vais prendre le temps, ...me remettre à l'ouvrage, ... m'imprégner des 1700 images que j'ai flashées, reprendre les écrits et de nouvelles lectures, pour de nouveaux voyages ...partir ... à la rencontre ... pour l'échange ... pour le don ... STOP ! on a dit : STOP ! ...

tiens, à propos ... à propos de stop ... sur la route de Oualidia (côte ouest du Maroc ... forcément ouest ... parce qu'à l'est, c'est l'Atlas !!!) donc sur cette route ... Un restaurant ... L'OSTREA à Oualidia (parc à huîtres et coquillages, d'une fraîcheur incomparable !)... Ah, si vous passez par là ... faîtes une pause ! tout y est parfait : les gens, l'accueil, le service, le restaurant, l'hôtel, le cadre intérieur et extérieur, la présence délicate ... donc, après avoir déposé mon sac, armée de mon "numérique", je pars, toute guillerette, pour une chasse photographique qui s'annonce excellente, comme tout le reste ... et je m'arrête devant un "stop" du même gabarit que celui des voitures ... Fatiguée par la route ? les idées pas très claires ? besoin d'un repos ? bref ! mon esprit, quand même s'active lançant à mon cerveau "ils sont zarbis, ici, ils mettent des stops de voitures devant la mer ...en plus, les voitures ne peuvent pas descendre jusque là ... y'a des marches" ... et forte de mon raisonnement, sans même attendre de me donner la réponse, j'avance mon pied droit ... je n'ai jamais eu le temps d'avancer le gauche ... on dit "gamelle", ... c'est ça ? sauf que celle-là, de gamelle, je me la suis faite sur la tête, le dos, les fesses (restons polie!) et tout à bien tapé, faisant résonance sur toute la longueur du quai et de ma colonne vertébrale... car, je l'ai compris plus tard ... l'océan se retirait doucement laissant la place à quelques petits mollusques vivotant dans une ... délicieuse vase, pleine d'algues, bien glissante et pas assez épaisse pour amortir le choc !!!

Première frayeur en solo ... j'ai rapidement pris la mesure du danger à voyager seule ! je me suis refusé d'envisager, d'imaginer, même, la suite si .... Non ! on ne va pas en parler ! mais je dois dire que les hôpitaux, là-bas, ça court pas les rue !!!

Bon, riche d'une pharmacie ambulante très bien composée, j'ai pu procéder aux premiers secours ... Une dose homéopathique, très sympathique, d'arnica a repoussé la montée de la bosse crânienne ...
Vous saurez plus tard ... la chute de cette histoire ...